désolation au darfour

Le Soudan déchiré par les guerres civiles

Désolation au Darfour
La région du Darfour, au nord-ouest du Soudan, est ravagée, depuis février 2003, par un conflit économico-politique qui a provoqué la mort de plusieurs milliers de personnes et un exode massif de réfugiés au Tchad. Cette catastrophe humanitaire, à propos de laquelle les Nations unies évoquent un « nettoyage ethnique », est souvent éclipsée par les fragiles pourparlers de paix entre le nord arabo-musulman et le sud chrétien et animiste, qui s'affrontent depuis 1983 sur fond de manne pétrolière. Au Darfour, où l'ONU a enfin pu envoyer une mission d'enquête le 22 avril 2004, les combats meurtriers rappellent que la paix au Soudan n'est pas seulement une question nord-sud mais une équation nationale.


La guerre qui ensanglante les trois Etats du Darfour, à l'ouest du Soudan, depuis février 2003, a provoqué l'une des plus graves catastrophes humanitaires de ce début de siècle : 110 000 réfugiés au Tchad, 700 000 déplacés à l'intérieur du pays, plus de 10 000 morts (1). Les témoins relatent tous les mêmes scènes de désolation et de pillage : attaques à l'aube, villages brûlés, routes coupées, troupeaux volés, districts interdits aux organisations humanitaires et aux étrangers. En quelques mois, les conflits tribaux qui rythment l'actualité du Darfour depuis vingt ans se sont transformés en une guerre civile meurtrière.

Le Darfour
tire son nom de l'ethnie Four, peuple de paysans noirs qui habite le massif montagneux du djebel Marra, au centre du pays. Ce groupe dominait un royaume longtemps indépendant, incorporé au Soudan en 1916. La province est divisée en trois Etats – Darfour Nord, Sud et Ouest (2). La moitié nord est saharienne, parcourue par des nomades chameliers. Au centre et au sud, en dehors des zones de montagnes mieux arrosées, tribus pastorales et populations paysannes voisinent avec des heurts réguliers, particulièrement lorsque les pluies se font rares. Le Darfour compte de nombreuses tribus. Toutes sont musulmanes, mais l'arabe n'est la langue maternelle que d'une minorité. Les tribus « arabes », ou du moins appelées telles par leurs adversaires, sont généralement nomades, chamelières au nord, vachères au sud. Les tribus « africaines » sont parfois pastorales mais plus souvent paysannes. A Khartoum cependant, tous sont souvent considérés avec le même mépris.

L
a chronique du Darfour est celle de conflits entre éleveurs, à la recherche d'eau et de pâturages, et paysans protégeant leurs champs et leurs maigres biens. Dans ce pays chiche en ressources, totalement dénué d'équipements et laissé à l'abandon, l'explosion démographique (la province compte 6 millions d'habitants, deux fois plus qu'il y a vingt ans) a rendu plus violente la compétition pour l'eau et l'espace. La régulation traditionnelle des conflits, fondée sur le respect par les nomades d'itinéraires et de périodes précises de transhumance, a commencé à s'effondrer avec la grande sécheresse et la famine du milieu des années 1980. Depuis, le Darfour est en crise. Malgré la présence de responsables politiques originaires de la région dans les allées du pouvoir à Khartoum, la situation s'y détériore année après année.

Une
guerre meurtrière avait opposé, en 1985-1988, les Fours aux tribus arabes lancées à l'assaut de leurs villages, sur fond d'allées et venues entre le Tchad et le Darfour, d'interventions de la Légion islamique libyenne et de jeux de pouvoir du parti Oumma de M. Sadeq El Mahdi. Elle avait pu sembler un moment de paroxysme, lié à la période de sécheresse. Avec le recul, elle apparaît comme une prémisse. Les Arabes rezeigats du Sud y avaient obtenu confirmation d'un « dar » (pays) à eux dans la région d'Ed Duein, mais l'impression de trêve, plutôt que de paix, prévalait lors de la « conférence de paix » en novembre 1989.

L'instaurati
on d'un régime militaro-islamiste au Soudan, en 1989, ne régla pas le problème de l'insécurité. Au contraire, la bienveillance plus marquée des autorités envers les « tribus arabes » encouragea les plus belliqueuses d'entre elles. Plusieurs des leurs figuraient parmi les dignitaires du nouveau régime. Il y eut tout au long des années 1990 plusieurs guerres locales, le plus souvent ignorées à l'étranger : en 1990, entre Fours en faveur de l'Armée populaire de libération du Soudan (APLS) du colonel John Garang et l'armée soutenue par les « Arabes » benis halbas (3). En 1996, dans le sud, entre Rezeigats et Zaghawas. En 1997-1999, dans l'Ouest, entre paysans masalits et arabes um julluls. Le plus souvent, l'initiative des hostilités revient aux tribus « arabes ». Pour désigner leurs milices se répand alors un vocable terrifiant, Janjawid, mot composé qui signifie approximativement « les cavaliers du diable, armés de kalachnikovs ». Car si, autrefois, on chargeait avec des lances et des épées, on attaque, depuis les années 1980, avec des fusils d'assaut.

Depuis 2001,
les incidents impunis (attaques de villages, razzias et vols de troupeaux) se sont multipliés, notamment entre Nyala et El Geneina, éprouvant particulièrement les communautés masalits et fours. Le caractère systématique et massif des assauts convainquit les victimes qu'une tentative coordonnée de « nettoyage ethnique » était à l'œuvre. Dans le Darfour du Nord plusieurs incidents graves réanimaient, au même moment, la tension entre Zaghawas et Arabes ereghats ou rezeigats.

Le 25 février
2003, un Front de libération du Darfour (FLD), présidé par l'avocat Abdel Wahid Mohamed Nur, déclenche l'insurrection dans le djebel Marra. La rébellion unit cette fois la quasi-totalité des tribus « africaines » du Darfour. Fondé un peu plus d'un an auparavant, le FLD s'appuie sur les milices d'autodéfense villageoises fours. Pour signifier son élargissement aux autres tribus africaines, notamment aux Masalits, aux Zaghawas et aux Bertis, il prend, en mars 2003, l'appellation d'Armée de libération du Soudan (ALS).

L
'affaire a été bien préparée. L'ALS lance à l'assaut des postes de police et des garnisons de l'armée des raids de Toyota équipées de mitrailleurs Dushka, garnies de combattants munis de lance-roquettes RPG, de mortiers et de kalachnikovs. Les chefs utilisent des téléphones satellites. Les rebelles s'emparent de localités comme Golo, au djebel Marra, où ils établissent leur quartier général, ou Tinè, à la frontière tchadienne, siège du principal sultanat zaghawa. Leur chef militaire est un homme d'expérience : en 1990, Abdallah Abakkar était l'un des commandants du raid triomphal qui, parti du Darfour, avait installé M. Idriss Deby au pouvoir à N'Djamena. Au printemps 2003, les forces gouvernementales subissent revers sur revers. L'armée fait face avec d'autant plus de mal que ses effectifs sont concentrés au sud du Soudan (4) et qu'elle enregistre un nombre significatif de désertions de soldats originaires du Darfour.

A Khartoum, le
président Omar El Bechir réagit en militaire, transfère des unités du sud du Soudan et cherche à verrouiller les frontières avec les pays voisins, le Tchad et la Libye. Le colonel Mouammar Khadafi accepte d'arrêter le trafic des camions entre la Libye et le Darfour, et le président tchadien Idriss Deby coopère avec l'armée soudanaise dans la zone frontière. Mais les armes sont abondantes, les frontières du désert incontrôlables. Le 25 avril 2003, l'ALS réussit un audacieux coup de main en pénétrant dans El Fasher, la capitale du Darfour Nord ; elle prend le contrôle de l'aéroport et s'empare du général d'aviation Ibrahim Bushra (5)

A Khartoum, l
'humiliation est à son comble. Le président limoge les gouverneurs du Darfour et fait arrêter de nombreux intellectuels et notables soupçonnés de sympathie pour la rébellion, à Nyala et El Fasher. Un comité de crise est constitué dont la principale décision va se révéler lourde de conséquences. Le général Osman Mohamed Kibir, nouveau gouverneur du Darfour Nord, enrôle officiellement les milices arabes, les arme et leur donne carte blanche. Les insurgés continuent à marquer des points, mais leurs villages sont désormais également attaqués.

A la fin d
e l'été, le président Bechir prend secrètement langue avec l'ALS, par l'intermédiaire du président tchadien. Ce dernier, d'origine zaghawa, connaît bien les rebelles et redoute que la crise n'altère son alliance avec le président Bechir. L'entremise réussit et un cessez-le-feu est conclu le 3 septembre à Abéché (Tchad). Il sera sans lendemain. Pour Khartoum, il s'agissait surtout de profiter des divergences politiques apparues au sein de la rébellion.

U
n second groupe, le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), multiplie en effet les actions au Darfour Nord. Présidé par le docteur Khalil Ibrahim, 44 ans, le MJE est à base zaghawa. Ancien membre du parti islamiste du docteur Hassan Al Tourabi (6), M. Ibrahim est de la famille du sultan de Tinè et a rompu avec le régime en 1999. En 2000, son groupe avait publié anonymement un Livre noir à succès, dénonçant la main mise sur l'Etat et la politique soudanaise de trois grandes tribus du nord du Soudan, Cheiquir, Djaalin et Danagla. Le MJE n'éprouve pour autant guère de sympathies pour la cause du sud du Soudan et se veut l'avocat d'un vaste Soudan central négligé, allant de la mer Rouge au Darfour.

Accusé par
les autorités d'être un faux nez du docteur Tourabi (qui nie à moitié), le MJE ne fut pas invité à Abéché. Malgré le cessez-le-feu, la guerre se poursuivit donc, et ce d'autant plus que les Janjawids, écartés eux aussi de l'accord, poursuivaient leurs razzias, notamment dans la région de Zalingei, attaques de plus en plus souvent coordonnées avec l'aviation gouvernementale.

A l'expiration
du cessez-le-feu, le 16 décembre 2003, la guerre reprit dans l'ensemble de la province. Ayant eu le temps de renforcer son armée, le gouvernement de Khartoum passa à l'offensive, avec de notables succès. Le chef militaire de l'ALS, M. Abdallah Abakkar, fut tué et l'armée reconquit les centres du pays zaghawa, Kulbus et Tinè, provoquant l'exode au Tchad de plusieurs dizaines de milliers de femmes et d'enfants. Même succès plus au sud, en pays masalit, et jusque dans les lointaines collines sahariennes habitées par les Meidobs. En revanche, les tentatives de l'armée d'investir le djebel Marra tournèrent court.

Pro
clamant sa « victoire complète », le président Omar El Bechir annonça le 9 février la « fin des opérations militaires ». Il n'en était rien. L'armée avait rétabli son contrôle sur les agglomérations, mais les combats continuaient. Les massacres de civils aussi. Ainsi, par exemple, le 27 février, dans la région de Tawila (Darfour Nord) ou, le 7 mars, dans celle de Wadi Salih (Darfour Ouest), où les Janjawids exécutèrent de sang-froid plus d'une centaine d'adultes. Les Nations unies ont également repéré au moins quatre camps de concentration de femmes et d'enfants où les conditions de vie sont effroyables. L'ALS, avec son nouveau chef militaire, M. Jibril Abelkarim Bahri, reste cependant puissante, malgré ses divisions internes : elle compterait plus de 10 000 combattants organisés.

L'espoir
de parvenir à la paix dans l'interminable guerre du sud du Soudan limite les initiatives internationales au Darfour. Au Kenya, le gouvernement négocie avec l'APLS. La lenteur des discussions, engagées en octobre 2002 sous une forte pression de la diplomatie américaine, inquiète cependant (7). Le colonel Garang et le président Bechir peuvent-ils, à eux seuls, décider pour tout le Soudan ? L'insurrection du Darfour rappelle que non.

Consci
ent de la difficulté, M. John Garang se montre prudent. Tout en préservant les négociations en cours à Naivasha, au Kenya, il a protesté contre les ravages de l'armée et des Janjawids au Darfour et a apporté une aide militaire discrète à l'ALS. Il n'avait pu, ces derniers mois, éviter une crise de l'Alliance nationale démocratique, regroupement des opposants au régime, dont le pacte fondateur (droit à l'autodétermination pour le Sud en échange du soutien du Sud aux revendications démocratiques au Nord) s'était trouvé sérieusement écorné par le « cavalier seul » des négociations de Naivasha. Mais, le 13 février 2004, malgré les réticences de son président, M. Osman El Mirghani, le conseil de l'AND acceptait l'adhésion de l'ALS, donnant à la rébellion de l'Ouest la légitimité d'une cause nationale.

La seule
offre politique du président soudanais aux insurgés darfouriens (une conférence de paix à Khartoum dirigée par un comité choisi par lui) s'apparentait, jusque-là, à une demande de reddition pure et simple. En mars 2004, à la veille du dixième anniversaire du génocide rwandais, les agences des Nations unies se résolurent à dénoncer ouvertement le « nettoyage ethnique » en cours au Darfour tandis que le secrétaire général Kofi Annan évoquait une intervention armée internationale.

Le prés
ident Bechir accepta, sous cette pression, de conclure, le 8 avril 2004, en présence d'observateurs internationaux, un nouveau cessez-le-feu de 45 jours, incluant cette fois le MJE. Mais, en l'absence d'un véritable accord politique entre la rébellion et le gouvernement et d'un désarmement effectif des milices arabes, ce troisième cessez-le-feu en six mois risque bien de n'être qu'un numéro de plus dans une longue série de faux-semblants.



Si vraiment ça vous interresse prenez la peine de lire s'il-vous-plait meme si c'est long
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 05 mai 2007 03:46

irrresponsabilité au darfour

irrresponsabilité au darfour
Avec plus de quatre millions d'individus chassés de leurs foyers, le Soudan compte la plus grande population au monde de personnes déplacées. Dans leur vaste majorité, elles ne sont pas victimes de la famine, de la sécheresse ou d'un autre désastre naturel, mais de violations des droits de la personne alimentées par deux décennies d'exportations incontrôlées d'armements. Durant le conflit du Soudan-Sud, qui a éclaté en 1983, et plus récemment au Darfour dans l'ouest, des centaines de milliers de personnes ont été tuées, violées ou torturées, ont vu leurs foyers et leurs moyens d'existence détruits (1).

E
n 2004, deux femmes, Mme Aziza Abel Jaber Mohammed et sa demi-sœur Mme Zahra Adam Arj, étaient parmi les centaines de survivants qui ont raconté ces destructions aux enquêteurs d'Amnesty Intenational. « Deux avions Antonov, cinq hélicoptères et deux Mig ont attaqué notre village vers 6 heures du matin. Cinq chars y ont pénétré. L'attaque a duré jusqu'à 7 heures du soir. Dix-huit hommes et deux enfants de notre famille ont été tués en voulant fuir. » Cette attaque contre Kornoy, dans le nord du Darfour, n'est qu'un exemple de la manière dont le gouvernement soudanais s'est servi d'armes étrangères pour perpétrer ce qui a été qualifié par les Nations unies de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Depuis 2005, les groupes armés de l'opposition ont accéléré le rythme des enlèvements et des assassinats de civils, mais c'est le gouvernement et ses milices mercenaires, appelées janjawids, qui ont chassé l'immense majorité de la population du Darfour de ses terres.

Le gouve
rnement a toujours nié toute collusion avec les janjawids, mais des centaines de réfugiés témoignent du contraire. Une femme du village de Nuri décrit une attaque typique en décembre 2003. « Les janjawids sont arrivés à cheval et en uniforme et l'armée est venue aussi. Ils sont venus avec des véhicules et des hélicoptères qui ont lancé le feu sur nous. Ils ont tué beaucoup de gens... Ils ont tué des hommes, des femmes, des enfants. Ils ont tué mon mari. Les janjawids ont tout pillé, chameaux, chevaux, vaches... Je les ai vus ! J'en connaissais beaucoup ! Les hélicoptères nous ont tiré dessus quand nous nous sommes enfuis (2). »

Malgré
les preuves de l'implication directe du gouvernement dans de telles atrocités, l'égoïsme économique et politique a continué de bloquer toute action internationale efficace, parfois de façon flagrante. En juillet 2004, le Conseil de sécurité a pris soin d'exclure de l'embargo sur les armes pour le Soudan la fourniture de matériels militaires au gouvernement du pays, sous la double menace d'un veto russe ou chinois. Le même mois, ce gouvernement a annoncé l'achat de 12 Mig russes.

M
ais d'autres gouvernements sont impliqués qui, consciemment ou à leur insu, ont autorisé le départ d'armes vers le Soudan. Tandis que des sociétés russes, chinoises et biélorusses ont vendu des avions militaires et des composants à Khartoum, des blindés et autres véhicules militaires sont arrivés de Pologne, de Biélorussie et de Russie. Des grenades, des fusils, des pistolets, des munitions et d'autres fournitures militaires sont venus de Chine, de France, d'Iran et d'Arabie saoudite. Et les courtiers en armements ont joué leur rôle néfaste, dénichant au Royaume-Uni et en Irlande des sociétés désireuses de fournir des avions militaires, des véhicules et des pistolets (3).

Si le confl
it du Soudan-Sud a connu une issue politique, la crise humanitaire au Darfour demeure grave, malgré l'accord conclu en mai 2006. Le conflit risque de s'étendre au Tchad voisin. Les Nations unies envisagent d'envoyer des casques bleus, de sorte que la communauté internationale va bientôt être sollicitée pour fournir argent et combattants afin de résoudre une crise que ses propres exportations irresponsables d'armements ont alimentée ce depuis le départ.

je vous jure c'est pas moi qui invente tout ça pour vous faire peur ou quoique ce soit.si vous voulez la soucrce je vous la donne c'est le monde diplomatique alors allez jetez un oeil si ça vous tente.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 05 mai 2007 03:52

voici mainetant la position de francois bayrou face à ce conflit

voici mainetant la position de francois bayrou face à ce conflit
« Les plus graves crimes contre l'humanité se répètent sous nos yeux au Darfour. Il faut un engagement international pour imposer la paix. »
Les copr
ésidents du Parti démocrate européen, François Bayrou et Francesco Rutelli, se sont rendus au Darfour en février 2005 – malgré un premier refus de visa par le gouvernement du Soudan. François Bayrou a mesuré l'ampleur du drame, et appelé à un engagement international pour imposer la fin du conflit.

« Plus
de 200 000 civils morts, 2 millions de personnes parquées dans des camps à l'intérieur du Darfour, 200 000 hommes, femmes et enfants réfugiés au Tchad ! Deux millions et demi de personnes dépendent de l'aide internationale pour l'alimentation et les soins médicaux !

C'est u
ne obligation humanitaire, politique et morale pour les gouvernants français, européens, de faire cesser le martyre du Darfour.

L
e refus par le gouvernement soudanais d'accepter l'intervention de soldats de l'ONU, et la poursuite d'opérations militaires extrêmement dures, exigent que la France agisse.

Il
faut faire véritablement respecter l'exclusion aérienne (des attaques aériennes précèdent souvent les raids djandjawids). Des appareils radars Awacs et quelques chasseurs y suffiront.

L'Eu
rope doit aussi accroître significativement son aide humanitaire et permettre aux ONG de travailler librement et en curité dans les zones de conflit. Elle doit obtenir du gouvernement soudanais qu'il cesse son offensive armée et accepte le déploiement d'une opération de maintien de la paix de l'ONU, afin de mettre un terme à la violence.

E
t elle doit obtenir la réouverture en urgence de négociations afin d'aboutir à un accord politique. Cet accord devra prévoir la représentation des Darfouriens aux différents niveaux du gouvernement soudanais, une garantie elle de désarmement, et une garantie de sécurité au retour, pour les déplacés et les réfugiés.

Nous avons le devoir de faire quelque chose pour mettre fin à cette horreur. »

# Posté le samedi 05 mai 2007 04:00

Crise au darfour

La crise du Darfour

>Le processus de paix avec le Sud-Soudan semble avoir encouragé les populations du Darfour, également marginalisées, à prendre les armes (février 2003).

>Deux rébellions se sont alliées contre Khartoum : le Mouvement de Libération du Soudan (MLS), une rébellion souhaitant un meilleur partage des richesses, et le Mouvement Justice et Egalité (MJE), de tendance islamiste et ayant un agenda plus national. Le MLS s'est divisé en deux factions en 2005 (branches Minni Minawi et Abdul Wahid)

>Le conf
lit du Darfour a provoqué la plus importante crise humanitaire dans le monde aujourd'hui (probablement 300.000 morts - victimes d'attaques et de la très grave situation humanitaire - ; 1,85 million de déplacés ; 230.000 réfugiés au Tchad). Selon une commission d'enquête internationale mise en place par les Nations unies (R 1564) des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ont été commis dans le Darfour (en particulier par les milices janjawids). La Cour pénale internationale a été saisie du dossier par le Conseil de Sécuri des Nations unies (résolution 1593).

>Le conflit du Darfour est de nature à remettre en question l'ensemble du processus de paix au Soudan, et il est aussi susceptible destabiliser les pays voisins, notamment le Tchad.

>Après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre le gouvernement soudanais et les deux mouvements rebelles, le 8 avril 2004, sous l'égide d'une médiation tchadienne, la situation sécuritaire s'était stabilisée, en partie grâce à la présence sur le terrain d'une importante mission d'observation du cessez-le-feu de l'Union africaine - l'AMIS- (7700 hommes) qui s'est déployée avec le soutien de la communauinternationale (notamment de l'Union européenne : soutien financier ; logistique ; en termes de planification).

> Depuis le mois de septembre 2005, on a pourtant assisté à une recrudescence des violations du cessez-le-feu : attaques des mouvements rebelles contre des positions gouvernementales et contre la mission africaine (5 morts) ; attaques des milices contre des positions rebelles, contre un camp de déplacés (35 morts) et contre une localité au Tchad (75 morts).

>
Les négociations de paix d'Abuja sur le Darfour, laborieuses, ont débuté en août 2004 sous l'égide de l'Union africaine, et ont abouti en mai 2006 à un accord global, portant sur les aspects de sécurité, de partage du pouvoir et de partage des richesses. L'accord a été sig par le Gouvernement et par un des trois groupes rebelles (MLS branche Minni Minawi). Une partie des rebelles non signataires a organisé un nouveau mouvement (Front de rédemption national, NRF).

> L
'accord n'a pas connu de début d'application et, depuis le mois d'août 2006, le Nord Darfour est à nouveau le théâtre d'affrontements violents, opposant le NRF et le gouvernement, qui a considérablement renforcé ses effectifs militaires au Darfour.

>Le 31 août 2006, le Conseil de sécurité, répondant à la demande de l'Union Africaine de passer la main, a adopté la résolution 1706, prévoyant un important déploiement de casques bleus au Darfour. Le gouvernement soudanais s'oppose à la mise en œuvre de cette résolution.

allez faites un effort lisez s'il vous plait

# Posté le samedi 05 mai 2007 04:14

1er génocide du XXIe siecle

1915 : 1er Génocide du XXe siècle 1 500 000 Arméniens, victimes du Gouvernement Jeune-Turc

2
007 : 1er Génocide du XXIe siècle 450 000 morts au Darfour, victimes du Gouvernement soudanais

D
'un génocide à l'autre : 1915 mains pour le Darfour

Sur le Parvis de Notre-Dame de Paris, un mur d'empreintes dressé contre l'indifférence et l'oubli Le samedi 21 et le dimanche 22 avril 2007 de 12h à 19h, sur le Parvis de Notre-Dame de Paris, les stèles de la vigilance arménienne contre le négationnisme et la stèle en hommage au journaliste Hrant Dink*, feront face à un mur d'empreintes dressé contre l'indifférence et l'oubli.

En
ces journées de commémoration du 92ème anniversaire du premier génocide du XXème siècle, le Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme] tend la main aux victimes du premier génocide du XXIème siècle au Darfour.

Le Co
llectif VAN invite les visiteurs à témoigner de leur soutien aux Darfouris en apposant 1915 empreintes de mains sur une immense toile et en signant l'Europétition d'Urgence Darfour.

D
es milliers de « Ruban de Möbius » seront distribués, symbole à la fois de l'Histoire qui se répète et d'une nécessaire solidarité sans fin. Parler d'eux, c'est parler de nous. Parlez de nous, c'est parler d'eux. Un nouveau génocide se passe sous nos yeux. Des enfants, des femmes et des hommes souffrent et meurent dans l'indifférence des nations. Attention, le silence tue.

Hier,
aujourd'hui et demain, résister à la barbarie.

S
olidarité avec les Darfouris. Action menée sous l'égide du CCAF [Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France]

*Journ
aliste arménien de Turquie, assassiné le 19 janvier 2007 à Istanbul.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 05 mai 2007 04:21